Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu un simple mythe

 

Chapitre 17 : Rentrée.

 

            « Allez, les enfants, dépêchez-vous… ! Il nous reste dix minutes avant le départ du train ! » s’exclama Elizabeth, alors que, accompagnée des cinq adolescents, elle se frayait un chemin dans la foule.

 

            Le premier septembre était arrivé bien trop vite aux yeux des garçons, surtout pour James et Sirius qui, fidèle à leur règle n°10 (“En avance tes devoirs, jamais tu ne feras.”), s’étaient retrouvés à faire leur devoir le 31 août au soir… Enfin, faire était un bien grand mot, étant donné qu’ils s’étaient contentés de recopier le travail de Harry et Remus (qui avaient, tout de même, fait leur devoir durant le séjour de Harry chez les Lupin).

 

            Les deux autres Maraudeurs avaient beau dire qu’ils dérogeaient à leur règlement, mais ils étaient, tout de même, bien contents d’avoir quelque chose à recopier…, même s’il agrémentait ce qu’ils écrivaient de…“petites touches personnelles” comme l’avait dit Sirius, alors qu’il cherchait un synonyme à “chien à trois têtes” pour le devoir qu’ils devaient faire pour l’Histoire de la Magie, alors qu’il copiait sur Remus, sur “l’évolution de la représentation des Enfers de l’antiquité à nos jours”…, et le “chien à trois têtes” c’était changé en “canidé tricéphale”… (et là-dessus, James avait cru bon de remarquer que, “là on s’aperçoit tout de suite que Sirius a trouvé ça tout seul et qu’il n’a, en aucun cas, copié sur qui que ce soit !”, ce qui s’était ensuivit d’une bataille de coussin généralisé, à la plus grande exaspération de Lily qui, attirée par le bruit, avait débarqué dans la chambre sur ses entrefaites.)

 

            Mais Sirius et James, s’étant endormis à quatre heures du matin, pour finir leur travail, avaient rencontré quelques difficultés à se réveiller, trois heures plus tard… Et il avait fallut qu’Elizabeth intervienne en vidant un seau d’eau magique sur les deux dormeurs pour en soutirer une vague réaction… Ensuite, ils avaient encore perdu du temps quand, au moment du départ, Sirius avait fait tomber la cage de sa mouette, qui s’était ouverte sur le coup. Moeve, en avait profité pour se dégourdir les ailes… hors de sa cage… Mais au bout d’une demi-heure de vaines et pathétiques tentatives de Sirius pour rattraper son animal (qui semblait bien être aussi obstiné que son maître), James et Harry avaient alors opté pour sortir les balais, qui bien sûr (par application à la “loi de Murphy”, mieux connu sous le nom de “loi de l’emmerdement maximum”), se trouvaient au fond de leurs affaires… ! A eux deux, ils n’avaient pas mis longtemps à coincer la mouette récalcitrante et à l’enfermer, à nouveau, dans la cage, non sans se voir gratifier de bons coups de becs sur les bras, les doigts et la figure… !

 

            Finalement, ils avaient quittés le Manoir Potter à dix heures, pour arriver, quarante-cinq minutes plus tard (étant donné que les Potter habitaient à bonne distance de Londres) à la gare de King’s Cross. Le temps de rassembler toutes leurs affaires sur des chariots et de se plonger dans la foule moldue massive qui grouillait dans la gare, il ne leur restait plus que dix-minutes pour atteindre la voie 9 ¾, située, comme son mon l’indiquait, entre les voies neuf et dix…

 

            Ils ne s’arrêtèrent, hors d’haleine, qu’une fois près de la barrière qui séparait les deux voies.

 

            « Bon, nous n’avons pas le temps de prendre toutes les précautions qui s’imposent… ! soupira Elizabeth. Sirius et Lily, passez d’abord… ! Ensuite, Remus et Harry… ! Jimmy, tu passeras avec moi… ! »

 

            Les adolescents obtempérèrent, prenant, tout de même, le temps de jeter un bref regard autour d’eux pour s’assurer qu’aucun Moldu ne regardait dans leur direction, avant de s’élancer vers la barrière, qu’ils traversèrent, deux par deux, Harry marquant une légère hésitation au moment de “l’impact” avec la barrière, se remémorant l’incident survenu lors de sa deuxième rentrée à Poudlard, où Ron et lui qui, au lieu de passer sur la voie 9 ¾, c’était heurté… à un mur… Mais, cette fois, il franchit la barrière sans encombre, et se retrouva en compagnie de Remus, Sirius et Lily qui les attendaient à quelques pas de là.

 

            Harry ne pu s’empêcher de sourire en apercevant le Poudlard Express qui étendait ses habituels wagons rouges, assortis à la locomotive à vapeur qui soufflait des panaches de fumée qui survolaient le quai grouillant de sorciers et sorcières de tout âges, majoritairement des parents venus accompagner leurs enfants jusqu’au train…, les élèves se trouvant déjà quasiment tous installés dans les wagons bondés.

 

            «- Aïe, on va s’amuser pour trouver des places là-dedans… ! grommela Sirius, alors que, James et sa mère les ayant rejoints, ils se glissaient dans la foule, à la recherche d’un hypothétique compartiment vide.

 

             - La faute à qui ? le taquina Remus. Si tu avais fais un peu plus attention à la cage de Moeve, on serait arrivés bien plus tôt… ! Encore heureux qu’on soit à l’heure… !

 

             - C’est sûr que ça n’aurait pas fait très bonne impression si nos deux Préfets-en-Chef avaient manqué le train… ! » ironisa Sirius, jetant un regard assez éloquent à James et Lily.

 

            Finalement, ils finirent par trouver un compartiment vide, dans le wagon de tête, où le petit groupe s’installa plus ou moins gaiement, avant de revenir sur le quai. Après de brefs “au revoir” et une fois qu’Elizabeth eut donné aux adolescents un encas pour la route, les sept jeunes regagnèrent définitivement leurs place, à l’annonce du chef de gare qui annonçait le départ imminent du Poudlard Express.

 

            Les employés commençaient à fermer les portes des wagons lorsque…

 

            « Attendez ! »

 

            James et Sirius, qui se trouvaient à la fenêtre ouverte du compartiment, sourirent en identifiant rapidement le retardataire.

 

            « Eh, mais c’est Peter ! » s’exclama Sirius.

 

            Mais ils n’eurent pas le temps de lui faire signe que la mise en marche du train obligeait le quatrième membre des Maraudeurs à prendre la première porte qui s’offrait à lui, celle du dernier wagon…

 

            «- Booon, il ne reste plus qu’à attendre qu’il arrive jusqu’ici… ! commenta Sirius, l’air amusé, en rentrant la tête dans le compartiment, imité par son meilleur ami.

 

             - On devrait peut-être aller à sa rencontre, non ? suggéra Remus.

 

             - Oh, il nous trouvera bien de lui-même… ! répliqua Sirius. En tout cas, en ce qui me concerne, je n’ai pas envie de devoir me faire tout le train dans les deux sens… ! »

 

            Harry eut un léger sourire à cette remarque, tout en songeant que plus tard Queudver arriverait mieux ça serait. Pour s’occuper, il entreprit donc de jeter un regard à ses camarades. Lily s’était installée dans un coin, à l’écart, déjà plongé dans un livre au titre compliqué. Remus, lui, s’assurait que les bagages étaient bien placés dans les filets et qu’ils ne risqueraient pas de tomber durant le voyage. James, installé près de la fenêtre, farfouillait dans son sac et en tira son paquet de cartes.

 

            « Eh, une partie de bataille explosive, ça vous dit ? » lança-t-il à la cantonade.

 

            Harry et Sirius se hâtèrent d’accepter la proposition, alors que Lily refusait sèchement la proposition, ne semblant visiblement pas aimer être interrompue dans sa lecture, et Remus répondit qu’il préférait profiter du voyage pour se reposer un peu.

 

            «- Dites, vous ne trouvez pas que Peter en met du temps pour venir… ? demanda James, au bout de leur quatrième partie de bataille explosive. Je veux dire, c’est vrai que, tous les ans, il arrive en retard, mais il finit par nous rejoindre… !

 

             - Il ne va sûrement pas tarder… ! marmonna Sirius. Je suis prêt à parier qu’il a encore du bousculer l’un ou l’autre de nos “copains” de Serpentard et qu’on va bientôt le voir débarquer, pantelant… ! »

 

            James ne paru pas totalement convaincu mais ne dit rien. Harry resta, lui aussi, silencieux, perdu dans ses réflexions. Il ne savait pas exactement quand Peter avait changé de camp…, tout ce que Harry savait c’était que Voldemort avait commencé à se servir des indications, données par Peter, sur le moindre déplacement de ses parents durant l’année qui avait précédée leur mort… Mais ça ne voulait pas dire que Peter n’avait pas déjà rejoint, avant, les forces du mal…

 

            Harry ne put réprimer un léger frisson à cette perspective.

 

            « Harry, ça va ? »

 

            Il sursauta, revenant à la réalité, en constatant que James et Sirius le fixaient d’un air inquiet.

 

            «- Euh…, oui, ça va ! assura-t-il, en s’efforçant de reprendre contenance.

 

             - Tant mieux ! Bon, on s’en refait une ? suggéra James, en désignant les cartes qu’il avait rassemblé.

 

             - Ouais… ! répondit aussitôt Sirius. Je n’arrêterai pas tant que je ne vous aurai pas battu à ce jeu… !

 

             - Et ben, dans ce cas, on risque de continuer à jouer longtemps… ! se moqua James, en adressant un sourire entendu à Harry. Tiens, c’est à toi de distribuer ! » ajouta-t-il en donnant le paquet de carte à Harry.

 

* * * * *

 

            Trois heures s’étaient écoulés depuis qu’ils avaient quittés King’s Cross et le Poudlard Express traversait à présent, à bonne allure, les campagnes anglaises. Harry, accoudé à une des fenêtres du compartiment, observait distraitement le paysage défiler, jouant négligemment avec sa médaille, alors que James et Sirius, suivant l’exemple de Remus, somnolaient… Visiblement, le manque de sommeil avait eu raison d’eux, aussi étonnant que cela puisse être… Et toujours aucune trace de Peter…

 

            A vrai dire, Harry ne s’en portait pas plus mal mais il avait également un désagréable pressentiment qu’il était bien incapable de définir avec précision. Il soupira légèrement, et jeta machinalement un regard à Lily qui, toujours dans son coin, était plongée dans sa lecture.

 

            « Je n’aurai jamais imaginé qu’on puisse avoir un tel calme avec les Maraudeurs à proximité… ! commenta-t-elle finalement, en levant les yeux de son livre.

 

             - C’est sûr que c’est plutôt exceptionnel… ! approuva Harry en souriant. Mais ils n’en seront qu’encore plus dynamiques une fois à Poudlard…

 

             - Oui et c’est bien ça qui m’inquiète ! soupira-t-elle. Les connaissant… ils risquent de frapper un grand coup aujourd’hui… ! »

 

            Elle s’interrompit lorsque la porte s’ouvrit brutalement, tirant les trois Maraudeurs de leur sommeil.

 

            «- Eh, Peter… ! s’exclama Sirius, d’une voix encore ensommeillée. On se demandait où tu étais… !

 

             - Salut les gars… ! répliqua l’intéressé, simplement, avec un léger sourire (qui avait quelque chose de forcé, aux yeux de Harry…, mais peut-être n’étais-ce qu’une impression). Ca fait un moment que je vous cherche et… oh, salut Evans… ! ajouta-t-il, en prenant conscience de la présence de la jeune fille qui lui répondit vaguement avant de reprendre sa lecture.

 

             - On s’est mis là où on trouvait encore de la place… ! grommela Sirius.

 

             - Ah… alors, comment c’était au match de Quidditch ?

 

             - C’était chouette ! répondit James. Il y a eu un de ces revirements de situation, on commençaient tous à croire que les Etats-Unis gagneraient, mais, au bout de deux heures de match, l’Attrapeur anglais à inversé les rôles en s’emparant du vif d’or…, mais ce n’était vraiment qu’à un but près… Tu as vraiment raté quelque chose ! ajouta-t-il, enthousiaste. Et toi, comment c’est passé la fin de tes vacances en Autriche ?

 

             - C’était pas mal… ! répliqua Peter. J’y ai rencontré des gars super sympas…, ils m’ont ouverts les yeux sur bien des choses… ! »

 

            Harry fronça les sourcils à cette remarque apparemment anodine, mais il garda le silence. Finalement, Peter se joignit à eux, mais aucun Serpentard ne se manifesta, contrairement aux prévisions de Sirius.

 

* * * * *

 

            «- On ne devrait pas tarder à arriver à Pré-au-Lard ! commenta Lily, en jetant un bref regard à l’extérieur où la nuit était tombée, enveloppant les paysages environnants d’obscurité qui était rendue encore plus sombre par les gros nuages noirs qui s’amoncelaient, menaçant, dans le ciel. Je reviens… ! ajouta-t-elle en se levant et en se dirigeant vers la sortie. Et si j’étais vous, j’en profiterait pour me changer… ! conclut-elle avant de quitter le compartiment.

 

             - Elle n’a peut-être pas tort… ! » approuva James, interrompant ainsi sa conversation avec Sirius.

 

            Sur ce, les cinq garçons entreprirent de farfouiller dans leurs affaires, pour en sortir leurs uniformes et se changer.

 

            «- N’oublie pas ton insigne, James ! lui rappela Remus, quelques minutes plus tard.

 

             - Ah oui, c’est vrai ! soupira l’intéressé, en sortant son badge de Préfet-en-Chef d’une de ses poches et le fixer à sa robe. Voilà, tu es content ? grommela-t-il.

 

             - Très… ! » se moqua Remus, alors que Sirius se contentait d’un sourire désabusé.

 

            A cet instant, la porte du compartiment s’ouvrit à nouveau…

 

            «- Oh, mais qui voilà… ? s’exclama Sirius, alors que les cinq Gryffondor se levaient d’un bond. On se demandait quand nous aurions l’immense honneur de voir vos jolis minois !

 

             - Fermes-la, Black… ! riposta Rogue, en tête du petit groupe de Serpentard.

 

             - Eh, Roguie, tu as gagné du galon !? ironisa Sirius. Qu’est-ce que tu as dû faire pour que Malefoy t’accorde cet “immense privilège” ?

 

             - Ca ne te regardes pas ! le coupa sèchement son interlocuteur.

 

             - Alors, Sévie, que nous vaut votre présence ? intervint James. Je suppose que vous n’êtes pas seulement là pour une visite de bienséance…

 

             - Oh, Potter ! Je vois que tu as été nommé Préfet-en-Chef… ! commenta Rogue, sarcastique, en découvrant son insigne.

 

             - Et alors, ça te pose un problème ? répliqua Sirius

 

             - Je t’ai pas sonné, Black !

 

             - Mais, rassure-toi, Rogue… ! reprit James, en s’approchant. Cet insigne ne m’empêchera pas de t’en faire voir de toutes les couleurs… ! »

 

            Rogue haussa un sourcil, pas intimidé pour un sou, alors que, derrière lui, les autres Serpentard attendaient tranquillement, un petit sourire mauvais aux lèvres.

 

            «- Tu crois ça, Potter… ? Je crois plutôt que, cette année, les choses vont changer… ! riposta calmement Rogue.

 

             - Je demande à voir… ! » répliqua Sirius.

 

            Rogue lui décocha un regard indéchiffrable, mais qui, évidemment, ne présageait rien de bon. Visiblement, la “blague” que Sirius lui avait fait en sixième année, avant l’arrivée de Harry à cette époque, rendait Rogue encore plus hargneux qu’il ne devait l’être à l’origine vis à vis des Maraudeurs. Mais Rogue se désintéressa de Sirius, et jeta un regard autour de lui.

 

            «- Qu’est-ce que tu veux, Rogue ? demanda, calmement, James.

 

             - Oh, rien ! répondit, calmement, ce dernier. Je m’étonnais juste de ne pas avoir encore vu votre copine la Sang-de-Bourbe orpheline… ! »

 

            Quatre baguettes furent aussitôt sorties des poches de leur propriétaire respectif (Peter restant prudemment en retrait) et pointées vers le groupe de Serpentard avant même que ceux-ci ne puissent envisager de faire de même en réponse…

 

            « Premièrement…, ne t’avise plus d’appeler Evans comme ça ! rétorqua James dont le calme apparent était démenti par la colère froide qui animait son regard. Et deuxièmement, qu’est-ce que ça peut te faire de savoir où elle est ? »

 

            Rogue eu un petit sourire sarcastique.

 

            «- Tiens, tu prends sa défense, à présent, Potter ! commenta-t-il. Oh, c’était une simple curiosité car je m’étonnais de voir ses deux amies mais pas elle… !

 

             - Rogue, ne t’avises pas de l’approcher, ou je montrerait comment j’ai arrangé Malefoy durant les vacances… ! » l’avertit James.

 

            Rogue ricana.

 

            « Ouais, c’est ça… ! ironisa-t-il. Allez, on s’en va… ! » ajouta-t-il, à l’adresse de ses condisciples.

 

            La porte se referma sur les Serpentard. Les Maraudeurs échangèrent un regard et rangèrent leur baguette.

 

            «- A votre avis, combien d’entre eux ont rejoint les partisans de Voldemort durant les vacances ? demanda Sirius, mine de rien.

 

             - La plupart d’entre eux, si ce n’est pas tous…, très probablement ! répliqua James, tout en continuant à regarder la porte du compartiment.

 

             - Ce qui veux dire qu’il faudra se montrer d’autant plus prudent, à leur égard… ! observa Remus. Ils risquent de se montrer bien plus revanchard et sans pitié qu’avant !

 

             - Bah, ce n’est pas ça qui va m’empêcher de continuer à leur faire des blagues ! rétorqua Sirius, en se laissant choir sur un siège.

 

             - Ca ne peut rendre les choses que plus pimentées… ! renchérit James en l’imitant. Et bien, Harry, Peter, vous êtes bien silencieux, tout d’un coup ! »

 

            En effet, aucun d’eux n’avait prononcé le moindre mot et semblaient tous deux plongés dans de profondes réflexions.

 

            « Eh oh, Harry, Queudver ! insista Sirius. Il y a quelqu’un ? »

 

            Les deux concernés semblèrent revenir à la réalité.

 

            « Dites, j’y pense… ! intervint Remus. Si Harry fait partit de notre groupe, il faudrait lui trouver un surnom à lui aussi… !

 

             - Cela va de soit ! Mais on ne sait pas encore en quoi il va se transformer ! objecta Sirius.

 

             - Ils nous ont bien dit que ses possibilités allaient plutôt vers les gros félins ? continua Remus, tranquillement. Autrement dit tout ce qui est tigre, panthère, lion, jaguar, guépard, lynx,… ! C’est déjà une piste… !

 

             - Harry, d’après toi, ça serait plutôt quoi comme animal ? s’enquit Sirius, en se tournant vers l’intéressé qui haussa les sourcils.

 

             - Je ne sais pas, les rêves sont plutôt confus… ! commenta Harry.

 

             - C’est encore trop tôt pour qu’il le sache avec précision… ! rétorqua James. Ca fait à peine trois semaines qu’il a commencé le processus…, faudra bien attendre un bon mois avant qu’il ait une idée assez précise de l’animal… ! »

 

            Il s’interrompit, lorsque la porte s’ouvrit à nouveau, sur la Préfète-en-Chef de Gryffondor qui, elle aussi, avait remplacé ses vêtements moldus par la traditionnelle robe noire de Poudlard, son insigne bien mise en évidence.

 

            « On arrive dans une demi-heure… ! » annonça-t-elle, en regagnant sa place, pour se replonger dans son livre qu’elle avait laissé là avant son départ.

 

            Les garçons restèrent silencieux, mais Remus jeta un regard vers le plafond nuageux.

 

            «- On va avoir droit à une sacrée pluie… ! soupira-t-il. J’espère que ça tiendra au moins jusqu’à ce qu’on arrive à Poudlard… !

 

             - Ca m’étonnerait… ! marmonna Sirius. Enfin bon, s’il pleut, nous on sera quasiment au sec, dans les calèches, c’est surtout les élèves de première années qui risquent d’en voir de toutes les couleurs… ! »

 

            Et, au même instant, comme pour donner plus d’impact aux propos de Sirius, un éclair zébra soudain le ciel, perçant l’obscurité environnante.

 

            «- Et un orage, en plus… ! commenta James. Vous croyez vraiment qu’ils vont faire passer les élèves de première année par le lac sous un orage ?

 

             - C’est une tradition de l’école depuis sa création… ! intervint sèchement Lily, sans relever la tête de son livre. Ils le feront, malgré le mauvais temps… ! »

 

            Un roulement sourd retentit au dessus d’eux.

 

            « Super… ! Et voilà le tonnerre… ! grommela Peter.

 

             - Ah tiens, tu es toujours vivant, alors, Queudver ! »plaisanta Sirius.

 

            L’intéressé ne répondit pas mais se renfrogna, alors qu’il reportait son attention vers l’extérieur.

 

            «- Huit secondes !  lâcha Harry.

 

             - Hui secondes quoi ? s’étonna Sirius.

 

             - J’ai compté le temps qu’il y avait entre l’éclair et le tonnerre… ! Et il y a eu huit secondes d’intervalles… !

 

             - Ah…, et alors ? insista Sirius qui ne semblait pas voir où Harry voulait en venir.

 

             - Alors, l’orage se trouve à 2 800 mètres … ! lâcha une fois de plus Lily.

 

             - Et comment tu le sais… ? s’étonna James, alors qu’au même instant un autre éclair zébrait le ciel.

 

             - Tu vas voir… ! » répliqua Harry, qui s’était remis à compter, à voix haute.

 

            Un roulement de tonnerre résonna peu après.

 

            «- Sept secondes… ! annonça Harry. Il se rapproche vite on dirait… ! Enfin, quoi qu’il en soit, la lumière se déplace à 300 000 kilomètres par seconde, mais le bruit se déplace à 350 mètres dans le même temps… ! Si bien qu’on voit toujours l’éclair avant d’entendre le tonnerre… ! expliqua-t-il, se lançant dans un petit cours de physique appliquée, alors qu’un autre éclair striait le ciel. Donc, tu comptes le nombre de secondes entre les deux, et tu multiplie le résultat obtenu par 350… !

 

             - Et vous obtenez ainsi la distance approximative de l’orage ! acheva Lily. Ce calcul est souvent considéré comme un “jeu” par les enfants Moldus et ça occupe quand on est cloîtré chez soi sans électricité… !

 

             - Euh… eclektrité ? » répétèrent, sans comprendre, Sirius et James.

 

            Lily soupira, exaspérée, et ferma son livre sèchement.

 

            « Si vous aviez pris l’option Etude des Moldus, vous sauriez ce qu’est l’électricité… ! riposta-t-elle. Mais Messieurs les Maraudeurs se croient plus malins que tout le monde et ne semblent pas trouver nécessaire de s’instruire sur la façon de vivre des Moldus… ! »

 

            Sur ce, elle quitta le compartiment.

 

* * * * *

 

            L’orage s’était rapidement rapproché, alors que Harry entreprenait d’expliquer aux Maraudeurs ce qu’était l’électricité. Lily était revenue un bon quart d’heure après son départ et n’avait pas prononcé un mot depuis, de sorte que le voyage s’était poursuivit dans un silence pesant, alors que la pluie succédait à l’orage, semblant déchirer le plafond nuageux, et s’abattit avec une telle force que le bruit de l’eau contre les vitres étouffait les roulements du tonnerre.

 

            «- Eh ben, ça promet… ! grommela Sirius. J’aimerais vraiment pas être à la place des élèves de première année…

 

             - Moi non plus… ! approuva James. Surtout qu’on arrive ! » ajouta-t-il, le visage contre la vitre criblée de pluie, en apercevant, tout de même, les premières lumières de Pré-au-Lard, alors que le train ralentissait.

 

            Lily, ayant rangé son livre dans son sac, s’était levée, prête à assumer son rôle de Préfète-en-Chef.

 

            James, quand à lui, s’écartant de la fenêtre, jeta un regard à Harry qui esquissa un signe de tête encourageant. James soupira et prit la parole, alors que Lily s’apprêtait à quitter le compartiment.

 

            «- Evans ?

 

             - Quoi ? demanda-t-elle, sans se retourner.

 

             - Si tu veux, tu t’occuperas de la porte, et je m’occupe de rassembler les élèves de première année qui se trouvent dans ce wagon… ! suggéra-t-il.

 

             - Si ça te… ! » commença-t-elle, négligemment.

 

            Elle s’interrompit soudain, semblant réaliser ce qu’il venait de dire, et se retourna, le fixant, bouche-bée, tout comme les autres Maraudeurs.

 

            «- Tu… ? Tu as dis quoi là ? demanda-t-elle.

 

             - Je te proposais mon aide pour rassembler les élèves de première année ! répéta patiemment James.

 

             - Euh, Jamsie, tu es sûr que tu te sens bien ? s’enquit Sirius.

 

             - Oui, bien sûr ! » rétorqua-t-il.

 

            Lily s’approcha et, à l’étonnement général, posa la main sur le front de l’adolescent qui était trop pris au dépourvu pour réagir.

 

            «- Non, pas de fièvre… ! commenta-t-elle en retirant sa main, un peu interloquée et intriguée. Bon d’accord, mais, juste un truc, ne t’avise pas de faire de mauvais coup, compris ? ajouta-t-elle, soudain suspicieuse.

 

             - Tu m’offenses là, Evans ! riposta James, véritablement vexé.

 

             - Ce n’était pas mon intention, Potter ! rétorqua-t-elle. D’accord…, on fait ce que tu as proposé… ! Mais que les choses soient bien claires, s’il arrive quoi que ce soit à ces élèves, je te jure que tu auras de mes nouvelles… ! »

 

            Sur ce, elle tourna les talons et quitta la pièce. James soupira, secoua la tête et quitta à son tour le compartiment.

 

            «- Eh bien, c’est une impression où Corny met le paquet pour impressionner Evans ? commenta Sirius, un petit sourire sarcastique aux lèvres.

 

             - On dirait bien… ! confirma Remus. Mais, dans ce cas, ça irait dans le sens de ce qu’Amy disait… ! »

 

            Harry acquiesça distraitement. En effet, autant James et Lily avaient toujours eu du mal à rester dans la même pièce sans que cela dégénère, les relations entre les amis de l’un et de l’autre était beaucoup plus amicales, mais, du fait de la mésentente entre les deux Préfets (et maintenant Préfets-en-Chef), les deux groupes gardaient une certaine distance l’un envers l’autre. Amy avait la réputation (à raison, d’ailleurs) de prévoir, à quelques jours près, la formation des couples au sein de l’école… Si bien que bon nombre d’élèves venaient la voir pour connaître leurs chances avec telle ou telle personne. Et elle avait notamment estimée, et cela depuis longtemps, (selon ce que Remus et Sirius lui avaient dit) qu’il faudrait attendre le début de la septième année avant que les deux Préfets-en-Chef se décident…

 

* * * * *

 

            Dès que le train se fut complètement arrêtés, les portes des wagons s’ouvrirent immédiatement, sur l’initiatives des Préfets et Préfets-en-Chef qui se trouvaient dans les différents wagons, et la foule des élèves sortis sur le quai, dans la  pénombre. Les élèves de deuxième année et plus se hâtèrent, sous la pluie battante, de se réfugier dans les calèches sans chevaux qui étaient regroupées un peu plus loin, tandis que les Préfets et Préfets-en-Chef s’efforçaient de rassembler tant bien que mal les nouveaux. Tous étaient déjà trempés jusqu’aux os, alors que la voix de Hagrid résonnait sur le quai, dominant tant bien que mal le bruit de la pluie qui tombait drue.

 

            « Dépêchez-vous d’aller vous mettre au sec… ! » conseilla le Garde-Chasse, à l’adresse des eux Préfets-en-Chef de Gryffondor qui se trouvaient à proximité, avant de partir, suivi par les élèves de première années qui se pressaient anxieusement les uns contre les autres.

 

            Lily suivit des yeux la petite lueur vacillante de la lanterne du demi-géant, jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans l’obscurité. Elle sursauta lorsqu’une main se posa sur son épaule.

 

            « Evans ! cria James, s’efforçant de se faire entendre malgré la pluie, tenant sa cape au dessus de sa tête. On ferait bien d’y aller… ! Les autres Préfets sont déjà partis… ! »

 

            Revenant à la réalité, elle consentit à partir à la suite de son homologue masculin le long du quai, en courant sous la pluie. A un moment, elle perdit l’équilibre sur le quai rendu glissant, mais l’adolescent la retint aussitôt par le bras.

 

            «- Merci… ! lâcha-t-elle.

 

             - Mais de rien, Evans ! »

 

            Ce fut avec un tel soulagement qu’ils trouvèrent refuge dans la dernière calèche qu’ils ne se rendirent pas tout de suite compte qu’ils n’étaient que tous les deux. Un long moment de silence suivit cette constatation, alors que tous les deux s’installaient le plus à l’opposé possible de l’autre.

 

            «- Potter, je… !

 

             - Evans, je… ! »

 

            Tous deux avaient parlés en même temps et se turent en même temps, esquissant un léger rire nerveux.

 

            « Hum, toi d’abord, Evans ! »

 

            Elle hésita un moment.

 

            «- Je voulais juste te remercier pour le coup de main… !

 

             - Mais de rien… ! répliqua-t-il. J’ai fait ce que j’avais à faire !

 

             - D’accord… ! Mais c’est juste que c’était… tellement inattendu… ! insista-t-elle. Et toi, qu’est-ce que tu voulais dire… ?

 

             - Ben, euh…, je voulais juste te dire que…, cette année, tu pourras compter sur mon aide… ! Je prendrais mon rôle plus au sérieux… !

 

             - J’attends de voir ça… ! répliqua-t-elle, en souriant cependant. N’empêche, Hagrid ne va pas s’amuser, avec les première année, sur le lac par ce temps… ! continua-t-elle, changeant de sujet après un bref instant de silence gêné.

 

             - C’est sûr… ! »

 

            Et le silence retomba à nouveau, à peine troublé par le bruit de la pluie qui tombait toujours avec force, et cela, jusqu’à ce que la calèche pénètre dans l’enceinte de l’école.

 

            «- Ca ne te fait pas bizarre de te dire que c’est la dernière année qu’on passera ici… ? demanda finalement Lily.

 

             - Si, un peu… ! admit James. Mais je me dis que c’est une raison de plus pour en profiter au maximum… ! Faire un coup d’éclat… !

 

             - En tant que Maraudeurs, je suppose… ?

 

             - En partie, mais pas seulement… ! Je veux dire, après tout, ça serait idiot de ne pas utiliser ce que j’ai eu pour mon anniversaire…, et puis, avec Sirius, Rem et Peter, on veut laisser notre marque dans l’histoire de l’école… ! Mais, aussi en frappant un grand coup, non seulement en cours, mais aussi en Quidditch… ! Gagner, une fois de plus, la Coupe des Quatre Maisons, et celle de Quidditch… ! En faire une année inoubliable… ! Et montrer qu’on peu gagner tout en s’amusant… ! »

 

            Lily voulu dire quelque chose mais, au même instant, ils arrivèrent devant le hall du château.

 

            «- Bon, il va falloir se mouiller à nouveau… ! commenta James, en soupirant.

 

             - Tu sais, vu ce qu’on est déjà trempé, l’être un peu plus ou un peu moins, on ne verra pas la différence… !

 

             - Tu n’as pas tort… ! admit James. On sort à trois ?

 

             - D’accord ! Un… !

 

             - Deux…

 

             - Trois… ! »

 

            Ils jaillirent de la calèche et se ruèrent, sous la pluie qui semblait avoir encore gagné en force (si c’était encore possible), vers l’entrée du château, franchissant rapidement les quelques marches qui les séparaient du hall.

 

            « Ouf, enfin au sec… ! » s’exclama James, en s’arrêtant au beau milieu du hall.

 

            Ils échangèrent un regard et éclatèrent de rire.

 

            « On doit être dans un de ces états ! » commenta Lily, en remettant une mèche derrière son oreille.

 

            James acquiesça et tous deux se hâtèrent de se sécher, à grand renfort de sort de… séchage ! Après tout, étant en deuxième cycle, et qui plus est Préfets-en-Chef, ils avaient le droit d’utiliser la magie comme bon leur semblait.

 

            « Bon, maintenant que ce détail est réglé, on devrait penser à rejoindre les autres à la Grande Salle… ! commenta Lily, au bout d’un nouveau moment de silence. On ne peut pas se permettre d’être en retard alors qu’on est Préfets-en-Chef… ! »

 

            Sur ce, tous deux se hâtèrent de franchir la porte qui menait à la Grande Salle bruyamment peuplée, pour rejoindre leur place respective, sous le regard amusé de leurs amis mutuels qui, eux, étaient carrément dégoulinants de pluie.

 

            «- Peut-on savoir comment ça se fait que vous soyez tous les deux secs, alors que vous êtes, pourtant, les derniers à être partis ? s’enquit Remus, l’air inquisiteur, malgré son léger sourire.

 

             - Mais voyons Luny, ils se sont réchauffés mutuellement… ! plaisanta Sirius, goguenard. Si tu vois ce que je veux dire… ! ajouta-t-il en haussant un sourcil d’un air assez sous-entendu.

 

             - Ah, ah, très drôle ! riposta James, en frappant Sirius derrière la tête. Pour votre information, il existe quelque chose qui s’appelle sort de séchage… ! Et il ne s’est rien, mais alors vraiment RIEN passé entre elle et moi… ! Et il ne se passera JAMAIS rien !

 

             - Ouais, ouais, bien sûr ! répliqua Sirius, en se massant le crâne. Et moi je suis Merlin ! »

 

            James soupira, singulièrement exaspéré, mais jugea préférable de ne rien répondre et s’assit entre Sirius et Harry qui paraissait un peu plus sec que les trois autres et qui lui adressa un petit sourire entendu.

 

            Ce que James ignorait, c’était que Harry, lui, avait assisté à tout ce qui s’était passé (autrement dit, pas grand chose). Avant de sortir du Poudlard Express, l’adolescent avait glissé sa cape d’invisibilité dans sa poche et avait suivit Sirius, Remus et Peter vers les calèches. Ayant prétexté devoir refaire son lacet (l’excuse bien bidon en somme !), il avait laissé les trois Maraudeurs (trop pressés de se mettre au sec) le distancer et s’était mis à l’écart pour enfiler la cape… Par la suite, il avait suivi les deux Préfets-en-Chef jusqu’au hall et avait profité de l’arrêt qu’ils avaient fait dans le hall pour se glisser dans la Grande Salle ouverte, glissant au passage sa cape d’invisibilité sous celle qu’il portait déjà, et avait rejoint les autres en les informant que les deux Préfets-en-Chef arrivaient…

 

            «- Bon, c’est quand ils veulent pour arriver, les nouveaux ! grommela Sirius. J’ai faim, j’suis trempé et… j’ai encore plus faim… !

 

             - Ton estomac devra attendre un peu, Paty… ! riposta Remus (qui, visiblement, n’avait guère apprécié le “Luny”).

 

             - Ah non, j’veux pas attendre… ! protesta Sirius, avant de réaliser ce que son ami avait dit, alors que les autres éclataient de rire. Comment tu m’as appelé, là ?

 

             - Je ne m’en souviens plus… ! rétorqua innocemment Remus. Quoi qu’il en soit, vu le temps qu’il fait, ils risquent de prendre du retard pour arriver…, et puis, si j’étais toi, Sirius, je ne me plaindrai pas car tu ne seras jamais aussi trempé que ces pauvres élèves de première année risquent de l’être… ! »

 

            Sirius grommela, mais ne fit plus de commentaire, du moins, durant quelques secondes.

 

            «- Eh, vous avez remarqué… ?

 

             - Quoi ? demandèrent en chœur James, Remus et Harry.

 

             - On a tous des noms où des surnoms qui finissent par “i”… ! Harry… ! Jamsie, Jimmy ou Corny… !

 

             - Siri ou Paty… ! riposta “innocemment” l’intéressé.

 

             - Tais-toi, Jimmy… ! rétorqua Sirius. Remi ou Luny et…, à tiens non, Peter a rien… ! Ah si, Pety… !

 

             - Eh… ! s’offensa ce dernier, sortant ainsi de son étrange mutisme.

 

             - J’plaisantais, Queudver… ! répliqua Sirius, en souriant. Mais qu’est-ce qui t’arrive aujourd’hui… ? Tu es mal luné ou quoi… ? Oh, pardonne-moi l’expression, Rem… !

 

             - Oh, c’est rien, ça ne me fait ni chien ni froid ! rétorqua malicieusement Remus.

 

             - Ah, ah, très drôle, Lunard ! riposta Sirius.

 

             - Tiens, à mon avis, les nouveaux ne vont pas tarder… ! » intervint James, coupant court à la conversation, en voyant McGonagall traverser rapidement la Grande Salle et quitter la pièce en refermant la porte derrière elle.

 

            Et comme pour lui donner raison, les portes s’ouvrirent à nouveau, un quart d’heure plus tard, sur McGonagall qui escortait tout une ribambelle d’enfants qui jetaient des regards nerveux autour d’eux et dont l’apparence apitoyait les autres élèves (à part les Serpentard, bien sûr). Les pauvres nouveaux étaient trempés de la tête aux pieds, comme si Hagrid les avait fait traverser le lac à la nage plutôt qu’en barque… Le silence s’était instauré dans la Grande Salle, tandis que les élèves de première année, suivant les instructions de McGonagall se rassemblaient en rang face à l’estrade, où se trouvait le Choixpeau Magique et la table des professeurs.

 

            Tous les regards étaient, à présent, tournés vers le vieux chapeau. Une fente s’ouvrit alors, à la surprise des nouveaux, dans le bas du couvre-chef qui commença à chanter…

 

« Comme vous pouvez le constater,

Une nouvelle année vient de commencer.

Si bien que, une fois encore,

Je fais, devant vous, mon apparition

Pour que s’accomplisse la tradition

Pour laquelle on m’honore !

Et nous voilà tous réunis

Pour déterminer, aujourd’hui,

L’avenir des nouveaux élèves

Qui assureront la relève.

Ainsi, veuillez prêter attention

A la Cérémonie de répartition,

Car le choix de votre maison

Ne sera pas sans répercussion

Sur vos sept prochaines années

Que vous passerez, à Poudlard, à étudier.

Si vous êtes, courageux, hardis et forts,

Vous porterez sans efforts

Les couleurs rouges et or

De la maison de Gryffondor.

Si vous êtes justes, loyaux et travailleurs,

Le jaune et le noir seront vos couleurs

Car à Poufsouffle, vous irez

Grâce à vos qualités.

Si vous êtes sages et réfléchis

Vous finirez, sans soucis

Chez les Serdaigle et ceux

En bronze et bleu.

Enfin, si vous êtes roublards, malins,

Et que vous parvenez toujours à vos fins

Serpentard vous ira comme un gant

Avec ses couleurs vert et argent.

Alors, pour savoir où vous irez,

Posez moi sur votre tête sans ciller

Et le Choixpeau magique décidera

En fonction de ce qu’il y découvrira,

De la maison qui vous correspondra le mieux

Car je prend mes décisions très au sérieux… ! »

 

            Le Choixpeau Magique salua l’assemblée, sous les applaudissements de son public.

 

« Bien ! commença McGonagall, lorsque le silence fut revenu dans la Grande Salle, en dépliant un rouleau de parchemin. Nous allons donc procéder à la Cérémonie de Répartition. Quand j’appellerai votre nom, vous vous assiérez sur ce tabouret en posant le Choixpeau sur votre tête… ! Andrews, Anthony ! »

 

Un garçonnet brun quitta le rang des nouveaux d’un pas qui se voulait le plus sûr possible vers le Choixpeau.

 

     « Tiens, celui-là, ça ne m’étonnerai pas qu’il aille à Serpentard ! » commenta James.

 

            Harry, en se tournant vers lui, aperçut le petit sourire en coin qu’esquissait Sirius, alors que celui-ci fixait l’élève qui s’avançait vers l’estrade. Harry eut soudain un curieux pressentiment… James ne lui avait-il pas laissé clairement sous-entendre l’habitue qu’avaient les Maraudeurs de “bizuter” les nouveaux… ? Harry fronça les sourcils, mais reporta son attention sur l’élève de première année qui venait de mettre le Choixpeau sur sa tête qui ne tarda pas à donner son verdict, qui ne fut pas vraiment comme à l’habitude.

 

            « Le repère des langues de vipères et des êtres visqueux et décérébrés t’attend, sournoisement, à l’instar des Serpentard ! »

 

            Passé le premier moment d’étonnement, quelques rires s’élevèrent parmi les élèves de Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor tandis que les nouveaux échangeaient un regard interloqué.

 

            «- Vous… ? Vous n’avez pas osez, quand même, jeter un sort au Choixpeau… ? souffla, Harry, stupéfait, à l’adresse de Remus et Sirius.

 

             - Moi, je n’ai rien fait, mais Sirius, oui… ! répliqua, tranquillement, Remus. Peter et moi, on s’est juste contenté de faire diversion auprès de McGonagall, et Patmol s’est occupé du reste… !

 

             - Toujours plus d’ingéniosité et d’audace, tu déploieras ! récita Sirius, visiblement fier de son coup. Règle huit… ! Un sortilège de Confusion combiné à un sortilège d’Amplification, pour accroître la puissance du premier sort… !

 

             - Au cas où ne t’en souviendrait pas, ton frère se trouve parmi les élèves… ! intervint James, visiblement dubitatif.

 

             - Et alors… ? Il n’échappera pas à la règle… ! rétorqua Sirius, l’air amusé. Et, la cerise sur le gâteau…, pour les profs, tout semble être normal… ! »

 

            Les regards des trois autres Maraudeurs et de Harry se tournèrent vers les professeurs qui échangeaient, tranquillement, quelques mots à leur table, tout en applaudissant, sans grand enthousiasme (excepté Krayak, qui, était, après tout, le responsable de Serpentard), alors que, l’air décontenancé, le dénommé Anthony, quittait l’estrade et gagnait la table où tous les élèves de sa nouvelle maison, leur stupeur ayant laissé place à la suspicion, jetèrent un regard noir en direction de la table de Gryffondor.

 

            Mais McGonagall appelait déjà un autre élève

 

            « Aniston, Marisa ! »

 

            Une fillette aux cheveux châtains sortit à son tour de la file des élèves, et s’avança d’un pas hésitant vers l’estrade. La jeune sorcière fut bientôt assise sur le tabouret, le vieux chapeau sur la tête. Et ce fut dans un silence de plomb que le Choixpeau annonça une nouvelle réponse :

 

            « Leur sagesse est exemplaire mais travailler va vite devenir l’enfer, mais bienvenue tout de même à Serdaigle ! »

 

            Il y eut des applaudissements bien plus nourris que précédemment, alors que Marisa, d’un pas un peu plus sûr, gagnait la table de sa nouvelle maison, où les élèves jetèrent aussi un regard aux Gryffondor.

 

            «- En fait, c’est plus le Choixpeau que les élèves de première année qui font les frais de ta blague, Patmol… ! commenta Remus.

 

             - Ce n’est que la première phase… ! rétorqua Sirius, tandis que McGonagall appelait “Belstar, Andréa”. Ils vont en baver, ces petits nouveaux… !

 

             - Sirius… ! soupira James.

 

             - Ben quoi ? riposta l’intéressé, tu n’aimes pas ma blague parce que tu y participes pas, ou tu protestes parce que tu as peur de la réaction de ta chère Evans… ? Mais, après tout, elle n’aura rien à te dire, vu que tu n’as pas fait partit de la blague… !

 

             - D’accord, mais, elle, elle n’est pas sensée le savoir… ! » marmonna James en baissant les yeux vers son assiette encore vide, alors que, après une petite tirade, le Choixpeau envoyait la fillette à Poufsouffle.

 

            Sirius allait répliquer, mais, au même instant…

 

            «- Black, Pollux… !

 

             - Eh, voilà mon frère ! s’exclama Sirius, avec un petit sourire amusé.

 

             - C’est la première fois que je te vois aussi enthousiaste au sujet de ton frère… ! observa Remus.

 

             - Je suis curieux de savoir ce que le chapeau va lui sortir… ! » l’interrompit Sirius, alors que son frère, ayant tranquillement gagné l’estrade, avait mis le vieux couvre-chef sur sa tête.

 

Il y eut un long moment de silence puis…

 

            « Il y avait tugundun garçon qui aimait la glace au citron et vanille… ! »

 

            Un éclat de rire stupéfait s’éleva parmi les élèves, principalement ceux d’origine moldue, médusés, alors que les professeurs, eux, semblaient toujours trouver la situation normale. Tout aussi brutalement, le Choixpeau se tut, puis lâcha son verdict.

 

            « Gryffondor ! »

 

            Ce fut donc sous de bruyantes acclamations qu’un Pollux Black rouge de honte gagnait la table de sa nouvelle maison, où, malgré tout, les élèves restaient fidèles à la réputation de leur maison en se montrant les plus bruyant possible.

 

            La Répartition se poursuivit relativement bien, mais les choses se corsèrent lorsqu’un des élèves dont James s’était chargé dans le Poudlard Express fut appelé… L’avertissement de Lily était encore bien trop présent à l’esprit des Maraudeurs et de Harry. Celui-ci vit soudain James pâlir, avant que ce dernier ne se tourne précipitamment vers Sirius.

 

            « Nom d’une Gargouille… ! Patmol, annule ton sort, s’il te plaît… ! Annule-le tout de suite… ! C’est une question de vie ou de mort… ! »

 

            Sirius se contenta de lui adresser un petit sourire moqueur.

 

            «- Oh, c’est un de ces fameux élèves dont notre cher Préfet-en-Chef Potter a du s’occuper dans le train… ? Un de ces fameux élèves qu’Evans t’a clairement avertie de ne pas embêter… ?

 

             - Oui, alors, s’il te plaît, Sirius… !

 

             - C’est bête, mais, c’est trop tard ! conclut Sirius, en souriant toujours, alors que l’élève mettait le Choixpeau.

 

             - Oh, c’est pas vrai… ! souffla James, en enfouissant sa tête entre ses mains. Je ne veux pas voir ça… ! »

 

            Au même instant, le chapeau récita un extrait d’une chanson que Harry reconnu comme était une chanson de Grease, avant d’envoyer l’élève à Serdaigle, sous les rires des élèves qui s’étaient fait à cette Cérémonie de Répartition plus qu’originale, et les applaudissements des Serdaigle. Mais James et Harry ne partageaient pas vraiment l’amusement général.

 

            Harry savait que Lily mettrait son avertissement en application et que la blague de Sirius réduisait ainsi à néant l’effort que James avait fait pour être responsable… Et Harry savait aussi que Sirius risquerait de passer un mauvais quart d’heure après le repas… !

 

            James avait toujours la tête entre les mains, alors que Remus murmurait quelque chose à Sirius qui secoua négativement la tête. Visiblement, Remus trouvait aussi que la blague allait trop loin. Pendant ce temps, Harry jeta un œil en direction de la Préfète-en-Chef qui, assise un peu plus loin en compagnie de ses deux amies, foudroyait du regard les Maraudeurs et plus particulièrement, bien sûr, James.

 

            « James, il n’y a pas un moyen d’annuler la blague de Sirius ? s’enquit Harry, en se tournant vers son “père” qui resta silencieux. James… ! insista-t-il. Je suis sûr qu’on peut encore réduire la casse mais… ! »

 

            En réponse, le Maraudeur haussa les épaules, l’air dépité.

 

            « Elle ne me croira jamais… ! » souffla-t-il, plus pour lui-même qu’autre chose.

 

            Harry soupira et sortit sa baguette discrètement de sa poche, la cachant sous la table. Il avait bien une idée mais il n’était pas sûr que ça marcherait. Il rencontra alors le regard de Remus qui était assis en face de Sirius.

 

            Remus semblant comprendre ce qu’envisageait Harry se pencha à nouveau vers Sirius.

 

            « Patmol, arrête ce sort tout de suite, s’il te plaît… ! Tu vas causer plus de problèmes que nécessaires à James… ! »

 

            Sirius se contenta de sourire innocemment et Harry ne put s’empêcher de se demander ce qui lui prenait, tout d’un coup.

 

            « Très bien, Patmol… ! reprit Remus. Si tu ne veux pas le faire toi… ! »

 

            Harry devina que le Maraudeur lycanthrope avait, lui aussi, sortit sa baguette, et tous deux échangèrent un regard entendu.

 

            « Finite incantatem… ! » récitèrent-ils tous les deux, en chœur, dans un murmure à peine audible, leur baguette pointée le plus distraitement possible vers l’estrade.

 

            Il y eut une légère ondulation dans l’air au dessus de la table des professeurs et du Choixpeau, au moment où celui-ci allait décider de la maison que rejoindrait “Marshall, Alicia”.

 

            Le silence s’était, une fois de plus fait, alors que tous attendaient la décision, irrévocable, du vieux chapeau.

 

            « GRYFFONDOR ! »

 

            Des applaudissements retentirent parmi les élèves de ladite maison, alors que la nouvelle recrue enlevait le Choixpeau. Il y eut cependant quelques murmures étonnés parmi la masse des étudiants, alors que Remus et Harry échangeaient un sourire satisfait, tout en rangeant leur baguette respective.

 

            «- Vous n’êtes pas marrants, les gars ! protesta Sirius, en prenant un air boudeur.

 

             - Tu sais que les blagues les plus courtes sont toujours les meilleurs, Patmol… » rétorqua, calmement, Remus.

 

            Harry cessa d’écouter leur petite conversation et laissa son regard vagabonder alentour, ses yeux se posant un bref instant sur un Peter songeur, une Lily, un peu plus loin qui continuait à fixer les Maraudeurs puis sur un James qui avait relevé, lentement, la tête en réalisant que tout semblait être revenu à la normal.

 

            « Merci ! » murmura-t-il en rencontrant le regard de Harry qui lui sourit en réponse.

 

            Une fois la Cérémonie de Répartition achevée sans aucune autre anicroche, McGonagall roula son parchemin, récupéra le Choixpeau et le tabouret et quitta vivement la salle alors que Dumbledore se levait, instaurant, une fois encore, le silence dans la vaste pièce.

 

            « Avant de commencer le festin, je tiens à vous souhaiter la bienvenue pour cette nouvelle année à Poudlard ! commença-t-il. Je voudrais, de plus, vous rappeler certains points. Tout d’abord, la Forêt Interdite est, bien entendu, toujours interdite aux élèves… ! Certains élèves feraient bien de s’en souvenir… ! ajouta-t-il, sur un ton clairement sous-entendu, en jetant un bref regard, amusé, en direction des Maraudeurs. Sinon, en ce qui concerne les nominations en tant que Préfets-en-Chef, il se trouve que, exceptionnellement, ces postes seront tenus par deux élèves de Gryffondor, autrement dit Miss Evans et Mr Potter… ! »

 

Un bref moment de silence suivit cette déclaration, tous étant quelque peu surpris que le meneur des Maraudeurs se retrouve Préfet-en-Chef mais aussi que les deux postes soient détenus par des Gryffondor, dont la “bonne humeur” légendaire n’était plus à démontrer (même si Lily montrait plus un profil de Serdaigle que de Gryffondor). Mais, finalement, des applaudissements et des acclamations s’élevèrent, d’abord chez les Gryffondor, puis les Serdaigle et les Poufsouffle…

 

« Sinon…, reprit finalement Dumbledore lorsque le silence fut revenu. En ce qui concerne le corps enseignant, un nouveau professeur prendra, cette année encore, le poste de Défense Contre les Forces du Mal… ! Alors, je vous prierai d’accueillir comme il se doit le professeur Karl Van der Break ! »

 

            Quelques applaudissements polis s’élevèrent, une fois de plus, parmi les étudiants, lorsque leur nouveau professeur pénétra dans la pièce, par une petite porte qui se trouvait derrière la table des professeurs, avant d’y prendre place.

 

            «- Un allemand ? s’étonna Remus.

 

             - On dirait… ! Rien que par son nom… ! » approuva James, qui semblait avoir retrouvé un semblant de contenance.

 

             - Sinon… ! reprit Dumbledore peu après, ramenant ainsi le silence dans la salle. Sur une note plus sombre, je sais que bons nombres d’entre vous ont perdu des proches ou des personnes qui leur étaient chères durant les vacances, c’est pourquoi, je vous demanderai de bien vouloir adopter une minute de silence…, même si vous n’êtes pas concernés, en mémoire des nouvelles victimes du règne de Voldemort… ! »

 

            La quasi-totalité des élèves et des professeurs tressaillirent à ce nom, mais tous restèrent silencieux, malgré les regards noirs tournés vers la table des Serpentard où certains échangeaient quelques mots à voix basse, peu respectueux du silence des autres.

 

            « Sur ce, je n’ai plus qu’une chose à vous dire ! reprit, une nouvelle fois, Dumbledore, une fois la minute de silence terminée. Bon appétit à tous… ! »

 

            Sur ce, il se rassit et les plats d’or se remplirent de mets divers et appétissants.

 

* * * * *

 

            La claque sembla retentir dans toute la salle commune qui, heureusement, était quasiment déserte. Lily avait, bien entendue, vu d’un très mauvais œil ce qui s’était passé lors de la Cérémonie de Répartition, mais elle avait “patiemment” attendue d’avoir accomplie ses fonctions de Préfète-en-Chef en conduisant, avec les Préfets et James, qu’elle avait soigneusement ignoré, les élèves de première année de Gryffondor jusqu’à leur Salle Commune. Après leur avoir annoncé le mot de passe, expliqué les règles d’usages, elle avait attendue, plus ou moins tranquillement que tout le monde eut regagné son dortoir pour dire sa façon de penser à James. Celui-ci avait eu beau protester, elle avait, bien sûr, ignoré délibérément ses interventions. Et, renouant avec leurs vieilles habitudes, oubliées pendant les vacances, le ton avait monté pour se transformer en dispute qui s’était conclue par la sempiternelle gifle…

 

            « Quoi que tu fasses, Potter tu resteras toujours aussi immature… ! » conclut Lily, avec dédain, avant de tourner les talons et disparaître rapidement dans les escaliers menant aux dortoirs des filles.

 

            James resta silencieux, décontenancé, planté au beau milieu de la Salle Commune, une joue écarlate laissant voir très nettement la marque de la main de la jeune fille. Harry et Remus, qui avaient assisté de loin à la scène, quittèrent leur “poste d’observation” sur les marches menant aux dortoirs des garçons et s’approchèrent de leur ami.

 

            «- J’arriverai jamais à rien… ! soupira finalement celui-ci.

 

             - Mais si, assura Harry. Si tu veux, j’irai lui parler demain… je suis sûr qu’elle m’écoutera…

 

             - T’écouter… d’accord… ! Mais te croire… c’est autre chose ! marmonna James.

 

             - Ne sois pas si défaitiste, intervint Remus. Tu lui as tout de même montré que tu pouvais prendre des responsabilités… !

 

             - Peut-être, mais tu as vu le résultat… ? riposta James. Une gifle et une dispute… ! Tout ça à cause de Sirius… d’ailleurs, où est-il passé celui-là ?

 

             - Au dortoir… ! répondit simplement Remus.

 

             - Lui, il va m’entendre… ! » conclut James, avant de filer vers l’escalier.

 

            Remus et Harry échangèrent un regard.

 

            «- Je ne sais pas pourquoi mais je sens que Paty va passer un mauvais quart d’heure ! commenta Remus, en souriant.

 

             - J’ai la même impression que toi… et à mon avis, Peter ne va pas tarder à venir nous rejoindre… !

 

             - Sûrement… ! Surtout que quand Sirius et James se disputent, ce qui arrive plutôt rarement, le ton monte très rapidement et il ne vaut pas mieux être dans les parages… ! Mais, dès le lendemain, ils redeviennent aussi amis que si rien ne s’était passé… ! expliqua Remus. Mais, je dois dire que Sirius l’a bien cherché… il était parfaitement conscient de l’avertissement de Lily, et il savait pertinemment qu’elle irait jusqu’au bout de sa menace s’il le fallait… ! Mais il a fait ça pour faire enrager James, je pense… !

 

             - En tout cas, ça a marché… !

 

             - Et même au delà des attentes de Sirius… ! ajouta Remus en souriant. N’empêche, je ne sais pas ce qui s’est passé, exactement, pendant les vacances mais notre bon vieux Cornedrue semble avoir définitivement succombé aux charmes de notre Préfète-en-Chef !

 

             - On dirait bien… ! » approuva simplement Harry.

 

            De toute façon, il n’eut guère le temps d’en dire plus car Peter surgit en trombe dans la pièce.

 

            « Euh, si j’étais vous, je ne monterai pas tout de suite au dortoir… ! » lança-t-il, quelque peu essoufflé.

 

            Remus esquissa un bref signe de tête puis tendit l’oreille.

 

            « James a eu au moins la présence d’esprit de soumettre le dortoir à un sortilège d’insonorisation… ! observa-t-il, finalement avant de se tourner vers Peter. Alors, Queudver, qu’est-ce qui n’allait pas aujourd’hui… ? Je veux dire que tu étais inhabituellement silencieux… !

 

             - Oh, non, ce n’est rien d’important… ! assura Peter. J’avais juste besoin de mettre des choses au clair… ! De me remettre un peu en question… ! »

 

            Remus fixa son ami un long moment mais ne dit rien, bien qu’il resta, tout de même, quelque peu dubitatif. Il savait que quelque chose n’allait pas avec le quatrième Maraudeur, mais il ne savait pas quoi… !

 

            Harry, quand à lui, conserva le silence, sans parvenir à réprimer le désagréable pressentiment qui l’habitait et qui continua à le tracasser jusqu’à une heure avancée de la nuit, dans le dortoir silencieux. Lorsqu’il s’était finalement risqué dans leur dortoir, en compagnie de Remus et Peter, une bonne demi-heure plus tard, ils n’avaient pu que constater que la dispute entre les deux autres Maraudeurs s’étaient terminée de façon houleuse, à en croire les rideaux tirés des lits des deux concernés. Aucun mot ne fut prononcé dès lors…

 

            Harry, allongé sur le dos, les bras derrière la tête, sortant un bref instant de ses sombres réflexions, tendit l’oreille… Aucun ronflement intempestif, aucun bruit de sommeil agité… rien… ! Visiblement, personne ne dormait, mais personne ne tentait de briser le silence de quelque façon que ce soit. Harry finit cependant par plonger dans les bras de Morphée après de longues heures d’attente.

 

 

Chapitre précédent                                                    Chapitre suivant

 

 

Aller au Chapitre :   01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09,

            10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,

 20, 21, 22, 23

 

 

Fanfictions

Sommaire